Bruno Sroka Champion de kitesurf va traverser la Manche en kitesurf sur une distance de 100 miles nautiques (Bretagne, Angleterre). L’objectif est de battre le record existant: 5h20. Il va réaliser cette traversée pour marquer l’entrée du Kitesurf aux JO de Rio en 2016.

A propos de Bruno. Il est l’un des meilleurs kitesurfeur français. Il est 3 x vainqueurs de la coupe du monde, de la coupe d’Europe, du Championnat d’Europe. Bruno est aussi le premier homme a avoir traversée le Cap Horn en kitesurf. Enfin, il donne de son temps auprès de 3 fondations, il est ambassadeur de Green Cross, Peace &Sport et l’UNSS.

 Contact presse: pr.brunosroka@gmail.com Twitter – @brunosroka; facebook – fan athlète page bruno sroka

2012, 17 mai

RECORD BATTU, JE VIENS DE RÉALISER 5H SUR 100 MILES NAUTIQUES

Je viens tout juste de battre le record de la traversée de la manche en kitesurf. Je deviens par la même occasion le premier kitesurf à aller aux JO en kitesurf de manière symbolique. Ce fut un grand moment d’émotion et de concentration que je vais partager avec vous. Je viens de battre cette  traversée en 5h sur une distance de 100 miles nautiques soit 186 km.

J’ai quitté la plage vers 9h30 jeudi matin dans la baie de St Brieuc pour prendre la direction de l’île de Bréhat dans un premier temps puis Plymouth. Les 20 premiers miles furent un bon échauffement avec une moyenne de 22 knots (41 km/h). Je suis parti en 13 m car c’était difficile d’estimer la force du vent sur l’ensemble du parcours. La prévision météorologique annonçait force 5 à 6 avec un avis de grand frais. Ma première difficulté fut de slalomer entre les algues et rester concentrer pour ne pas tomber. Cette première partie fut un vrai plaisir en navigation. Une grosse surprise m’attendait au large de Bréhat: la mer s’est transformé en marmite en ébullition. Une seule solution amortir le clapot pour maintenir la vitesse  la plus élevée.

Plus on avançait, et plus le plan d’eau devenait difficile. Le vent s’est renforcé m’obligeant à changer de flotteur. L’appréciation du temps change aussi, au milieu de nulle part le temps n’a pas la même échelle,  on en perd ces repères de terrien.

Plus le temps passait et plus les conditions devenaient musclées. Le bateau d’accompagnement devait passer des creux de 3 m. Même si mon bateau était équipé pour la haute mer, ce ne fut pas une partie de plaisir. A plusieurs reprises, le bateau partait au surf à plus de 27 knots pour se faire stopper en bas d’une vague et commencé à pencher dangereusement sur le côté. Je remercie par ailleurs mon équipage de m’avoir accompagné sur cette traversée (Yannick, Olivier, Maxime, Nicolas), sans eux il était impossible de réaliser la traversée.

Je m’attendais à voir beaucoup de tankers sur le trajet, j’en ai aperçu quelques uns mais je n’ai pas eu la chance de les croiser de près. Dans ces conditions de mer, ils allaient plus vite que moi (près de 25 knots) donc impossible de les rattraper.

La douleur  dans les jambes a commencé à se faire sentir, garder la même position tout le temps n’est pas chose facile surtout dans un champ de bosse en mouvement.

Après plusieurs heures de navigation, les signes de vie apparaissent, les premiers Fou de bassan, puis la côté apparaissent dans mon champs de vision. Comme dans le désert, on a aperçoit des mirages, a plusieurs reprises, j’ai confondu des portes containers avec des îles.  Il me reste plus  d’une 1h30 de navigation. Dans toute traversée la fin du parcours se fait au mental, il me restait près de 35 miles m’a annoncé le bateau, pas le choix, il faut accélérer. J’ai perdu du temps sur le milieu du parcours à cause des conditions de mer difficile pour accélérer. Je demande au bateau de me suivre à fond, pour essayer de gagner du temps. A près de 23 knots de moyenne je file en direction de Plymouth. Plus que 2 miles, ouf… ça y est, la fin approche alors que ma jambe arrière fume et me fait terriblement mal… Mais dans ces moment il ne faut pas réfléchir, il faut avancer et rester concentrer sur le parcours pour ne pas tomber et perdre encore du temps.

Le bateau s’arrête annonçant la fin de la traversée  je m’en rapproche, je viens de battre le record. 5h pour réaliser 100 miles nautiques. Difficile de montrer ses émotions quand tout le corps fait mal. J’ai froid, je suis encore dans l’eau à l’entrée du port de Plymouth. Je commence à réaliser l’exploit lorsque je remonte sur le bateau. Et c’est à ce moment la qu’une longue discussion avec l’équipage commence. Nous partageons les émotions et ils me racontent comment ils ont vécu cette aventure. Ils sont tous unanime, ce fut un enfer, ils ont vécu une machine à laver pendant 5h, à se prendre des sauts d’eau sur la tête, à voler dans le bateau, et à se cramponner aux arceaux de sécurité pour éviter de se faire éjecter du bateau. Un grand merci à eux.

Je suis vraiment heureux d’avoir faire cette traversée et d’être symboliquement le premier kitesurfeur à aller aux JO pour les Jeux de Londres. Le kitesurf vient d’intégrer les Jeux de Rio en 2016 et ce fut pour moi ma manière de fêter cette victoire en tant qu’ambassadeur de la fédération internationale de kitesurf et de la FFVL.

Le temps officiel sur les 100 miles nautiques est de 5h. 

2012, 15 mai

Longtemps sans te voir, il y a quelques jours, j’ai reçu une très bonne surprise. Manu Bertin qui est l’un des précurseurs du kitesurf et qui sans lui le kite ne serait pas la, m’a laissé une message. En effet, Manu est le détenteur aussi de ce record de la traversée de la manche réalisée en 2004. Nous avons longuement discuté de cette traversée et il m’a souhaité bonne chance. C’est aussi grâce à Manu que je me suis mis au kite il y a 13 ans. Thanks Manu!

Je reste toujours en stand by pour cette traversée, j’attends les bonnes conditions. La météo en ce moment n’est pas très stable. Je reste en attente comme un chasseur attend sa proie, je regarde tous les détails possible qui puissent me donner un espoir de départ.

2012, 9 mai

Hier matin à 6h30, j’étais prêt à partir pour réaliser ce challenge.

Réveil à 4h30, préparation du matériel. Bizarrement quand j’ai mis le pied dehors, j’ai eu un doute sur la météo annoncée la vieille au soir. Le brouillard s’était levé sur Brest, ce qui présageait une visibilité médiocre pour naviguer. J’étais super existé de pourvoir enfin réaliser cette traversée. La nuit fut très courte.
6h30 j’appelle le pilote de l’Hélicoptère qui m’annonce une mauvaise nouvelle. Sur Vannes là où l’hélicoptère doit décoller, la visibilité est nulle: impossible de décoller pour le pilote. Et impossible d’atterrir sur Brest. « Tonnere de brest » Une longue période d’attente commence. Toutes les 30 min, nous faisons un report au téléphone pour savoir  si nous pouvons lancer le départ.
Vers 10h, nous décidons de tenter la traversée sans hélicoptère. pour assurer le créneau météo qui est très court, c’est à dire le matin. La prévision pour l’après midi n’est pas bonne du tout, le vent se renforce et tourne dans la mauvaise direction. Je me prépare, je me mets à l’eau et je m’échauffe pour ces quelques heures de navigation.
Le bateau me rejoint quelques minutes après au large de l’Aber Wrac’h dans une atmosphère chaotique. Le brouillard se lève. nous avons une visibilité encore plus réduite. Nous décidons par mesure de sécurité de récupérer des informations du rail de Ouessant: 100 m de visibilité avec des tankers qui vont aux alentours des 25 knots. Dure de prendre une décision: partir ou d’annuler, chaque minute compte et il est important de faire le bon choix.
Pour un soucis de sécurité. nous décidons d’annuler le départ pour cause de mauvais temps. Par temps claire, la traversée de l’autoroute des tankers n’est pas chose facile, mais par temps de brume cela devient très dangereux en particulier si j’ai besoin de jiber pour garder la bonne trajectoire du fait que le vent risque de changer de direction.
Des petits détails peuvent engendrer de gros conséquences. tout était réuni pour partir à 6h30 du matin, mais qui aurait pu imaginer qu’à 250 km du lieu de  mon départ, la brume aurait pu me bloquer dans cette traversée.
Je reste fixer sur les cartes météorologiques pour préparer mon départ dès que les conditions le permettront

 

2012, le 8 mai

Organiser une traversée sur 100 miles nautiques nécessite une très grande organisation et surtout rassembler un ensemble d’éléments, d’informations, d’entrainements, de documents et de nombreux tests pour valider un éventuel record.

Depuis quelques semaines, le temps joue avec mes envies de grand large. Difficile de trouver le bon compromis entre la marée, le vent, la direction, la force du vent, la taille de la houle, la disponibilité de tout l’équipage. Bref, c’est un vrai parcours du combattant qui met les nerfs à vive.

Quoi qu’il en soit, cette aventure est riche de découvertes et d’apprentissages, cela permet de se rapprocher des “anciens” qui connaissent parfaitement la mer, de découvrir de nouvelles manières de se préparer, d’envisager d’autres projets et surtout de prendre du plaisir différemment.  Le kitesurf n’est pas qu’un engin de plage, c’est aussi un engin de déplacement, un engin écologique qui va avoir une grande influence dans le futur en particulier pour les bateaux.

Vous ne pouvez pas imaginez comme je suis excité  de pourvoir réaliser cette tentative. Après tant de difficultés surmontées, de départs avortés, j’envisage un départ très prochainement pour ce challenge.

Les émotions que je vis en ce moment, me rappellent un autre moment magique de ma vie, celle de la traversée du Cap Horn en 2008: l’excitation, la peur, le stress, l’envie de partir et de s’éloigner des côtes pour se retrouver encore une fois, face seul aux éléments.

Voir disparaitre la côte, traverser cet autoroute de tankers puis progressivement apercevoir petit à petit cette côte anglaise vont être les éléments que je vais vivre. 10à miles nautiques soit 186km.  Se retrouver seul au large est un moment vraiment unique. Le grand large est le seul endroit où les couleurs et le paysage depuis les millénaires n’a jamais changé. Plusieurs problèmes devront être surmontés, d’une part la fatigue puisque je vais rester 5h dans la même position, aller le plus vite et  d’autre part, je vais croiser sur près de 20 km un ensemble de tankers montant et descendant sur le rail. Ces montres des mers peuvent naviguer à 25 knots de vitesse de croisière.

Rester concentrer, garder la motivation, s’économiser tout en allant le plus vite possible va être le challenge que je vais essayer de réaliser.

Je dédis cette traversée au kite qui vient d’atteindre ces titres de noblesse par sa présence aux JO de Rio en 2016.

2012, Avril 22

Année 2012, l’année des JO de Londres. Dans le cadre de mon rôle de la Baie de St Brieuc et de l’IKA (Fédération internationale de kitesurf) je vais tenter le record de la traversée de la manche sur une distance de 100 miles nautiques.  (Soit 186 km). L’objectif est de supporter la candidature du kitesurf aux Jeux Olympiques pour 2016 . Manu Bertin en 2004 a établi un record de 5h20 sur cette même distance entre la Bretagne (France) et l’Angleterre. Je vais donc prochainement repartir sur cette même distance et tenter de battre ce record. J’ai déjà réalisé plusieurs gros projets de traversée comme le Cap horn en kitesurf, le golf d’Aquaba, St barth-St martin, le tour de l’île de Borocay, La pointe du Finistère… Je suis prêt  à réaliser et réussir cette nouvelle traversée. J’ai de bonnes chances d’espérer pourvoir la réussir. Cela fait plusieurs mois que je n’entraîne pour cette traversée. J’ai travaillé techniquement avec toute mon équipe pour réaliser cette aventure. Le challenge est à la hauteur de l’enjeu: Permettre au kitesurf d’être aux JO de 2016. L’esprit des Jeux olympiques me donne l’envie de repousser mes limites et celles du kitesurf.  Traverser la manche sur une distance courte n’a pas de sens et n’est pas intéressant sportivement puisque une dizaine de personnes l’ont déjà fait. 186 km soit 100 miles nautiques correspondra à environ 5h de kitesurf à près de 20 knots sur la même jambe. C’est une vraie performance sportive que je vais réaliser.  

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