La mer comme symbole de liberté :

Parti de l’ile de sein, j’ai rejoint l’archipel des Glénan en franchissant la fameuse pointe du Raz située au bout de la péninsule bretonne. Dans un vent orienté Nord-Nord-Ouest, montant de 12 à 20 nœuds, j’ai franchi la pointe Sud de la de la Bretagne en fin d’après midi hier.

Une première pour une cause exceptionnelle

Jamais auparavant, quelqu’un n’avait osé traverser la pointe du raz en kitesurf. C’est une première mondiale. Pour accompagner ce défi, j’ai souhaité sérigraphier une aile de kitesurf avec les deux portraits des otages pour crier haut et fort : « Libérez les otages ! »

La Pointe du raz est un détroit situé au bout extrême de la Bretagne, parcouru par de fort courants. Le cap Sizun est l’un des endroits les plus dangereux en Europe pour la navigation côtière et il est redouté par tous les plus grands navigateurs. J’ai souhaité traverser ce cap « pour symboliser le cap des 500 jours de détention, pour soutenir Hervé et Stéphane et montrer que l’on pense toujours à eux. »

Je vous donnerai plus de détails dans quelques heures. Suivez mon actualité.


1- Le depart

Ce projet a commencé il y a quelques mois. Je suis passé devant une affiche des deux journalistes et je me suis dit qu’il serait bien à ma manière de militer pour cette cause. Quelques mois après, je me retrouve sur l’un des quai à Brest pour embarquer avec mon équipe de 10 personnes pour réaliser une première mondiale, la traversée de la pointe du Raz, et la traversée Sein / Les Glénans en kitesurf. Organiser un projet de la sorte n’est jamais facile et la moindre petite erreur peut tout faire échouer. Chaque détail compte.

Jeudi 12 mai au matin, je règle les derniers problèmes d’organisation et je m’assure que tout le monde à bien eu les bonnes informations. La journée risque d’être très longue. Le départ est prévue pour 13h30 de Brest pour 1h15 de traversée en bateau.

Les prévisions sont magnifiques, grand soleil, le vent va être capricieux sur le début du parcours. Le passage du Raz de Sein va être difficile par manque de vent constant, puis les conditions devraient s’améliorer.

Nous arrivons à l’île de Sein, un petite archipel planté en face de la pointe du Raz. Je commence à me préparer et j’ajuste mes réglages pour ne pas avoir de surprise sur l’eau.

Avant chaque projet de la sorte, la pression et la tension monte d’un cran. impossible d’échouer, la cause est trop importante à mes yeux pour renoncer.

Le départ est compliqué, les algues m’empêchent de prendre de la vitesse et de sortir du port. De ce fait, qu’une seule solution marcher le long de la digue pour me rapprocher le plus possible de la sortie et me faire tracter par le bateau. Après quelques difficultés surmontées, je suis enfin à bord pour prendre le large. Une dizaine de dauphins viennent nous accompagner pour le départ. Quel spectacle fabuleux, un état d’esprit surréaliste s’empare de nous. Mais la tension monte.

L’équipe télé prévient l’hélicoptère pour être prêt dès mon départ.

2- La traversee

Le départ est lancé, je monte sur ma planche en direction de la pointe du raz. Les premières navigations sont toujours riches d’informations et donnent la tendance pour le reste du parcours.: force du vent, direction, courant, tout peut être analysé pour comprendre et prévoir ce qu’il va se passer sur la suite du parcours. Mes premières sensations ne sont pas très encourageantes. Le vent est très léger et je suis obligé de pomper sur mon aile et ma planche pour aider à maintenir ma vitesse et mon planning.

La pointe du raz se profil à l’horizon, je m’en rapproche à un grand pas. Je n’ai jamais passé le raz de sein de ma vie que ce soit en bateau ou en kitesurf. Je retrouve la sensation du Cap Horn où tout est une découverte. Imaginez vous en pleine montagne et vous ne savez pas comment grimper au sommet, vous êtes obligé de déchiffrer ce que la nature vous donne comme informations pour créer votre propre chemin. C’est exactement ce qu’il se passe à ce moment la pour moi. Je suis concentré pour absorber toutes les informations possibles et imaginables pour savoir où et comment passer ce Cap.

Le courant se fait de plus en plus fort et malheureusement pour moi, il est dans le même sens que le vent, donc cela rend encore plus difficile de maintenir le planning. Quelle sentiment étrange de se dire que l’on est la seule personne à réaliser ce type de projet en kitesurf (bien sur). Ce sentiment est assez magique. Parfois il n’y a pas besoin de partir très loin pour réaliser des choses uniques.

J’y suis, je m’approche du Phare de la Vieille, la mer devient une marmite, un bouillonnement continue marque mon horizon. Je passe au vent de la vieille et d’un coup, la mer se lisse, un lac. Le courant étant tellement fort, qu’il n’y a plus aucun clapot. Je me rapproche de la côte pour empanner et passer sous la vieille J’y suis, je viens de passer le raz de sein. Ah une heure près, ce passage peut être infranchissable en bateau. Si la météo annonce 4 m de houle, il peut y avoir près du double en taille de vagues au Raz.

Le parcours est découpé de la manière suivante: le passage du raz de sein est le plus compliqué techniquement puis s’en suit, une longue traversée jusqu’au Glénan. Il me reste près de 40 miles nautiques en ligne droite soit vue la direction du vent près de 65 miles en navigation car le vent est trop nord et va m’obliger à descendre en zig zagant.

La seconde difficulté à surmonté maintenant est la gestion de l’effort, et du mental. il faut que j’arrête de réfléchir pour continuer à avancer. Il est impossible de voir la pointe de Penmarc’h qui pourrait être pour moi un bon repère visuel à mi parcours. donc je dois continuer à naviguer et descendre sous le vent sans réfléchir au temps et à la distance. Quand on a un repère visuel c’est facile de s’imaginer les distances mais ce n’est pas mon cas.

Les heures s’enchainent, la concentration reste à son maximum pour essayer de slalomer entre les bands de Méduses géantes ( certaines mesuraient près de 1 m de long), algues et clapot qui sont pour moi des obstacles qui peuvent me faire tomber.

Au fur et à mesure du parcours, le vent se renforce et me donne plus de puissance dans l’aile, ce qui me facilite ma tâche.

La pointe de Penmarc’h avec son Phare pointe à l’horizon. C’est un moment clef qui me permet d’estimer le temps restant à naviguer. il doit être 7h du soir, il me reste encore 2 bonnes heures de navigation. Terre, Terre, la pointe de penmarc’h est proche, même sans visibilité j’aurai pu savoir que la terre était proche. La houle a commencé à se désordonner, comme si elle venait taper sur un obstacle et renvoyait son onde. La marmite recommence à nouveau, c’est beaucoup moins facile de continuer à maintenir la vitesse quand le clapot est désordonné.

Direction les glénans c’est le dernier trajet à réaliser avant d’atteindre mon objectif. Plus le temps passe et plus il est difficile de rester concentrer et ma gestuelle commence a se désorganiser. La fatigue rend mes gestes moins précis, mes jambes commencent à se faire ressentir, la fatigue me gagne. Mais il est hors de question de s’arrêter, je dois continuer. Je ne supporte pas m’arrêter sans avoir atteint mon objectif.

Presque 21h, enfin les glénans apparaissent à l’horizon, les iles se dessinent de mieux en mieux où chaque détail devient de plus précis. Ce qui était une simple tâche à l’horizon, devient de plus en plus précis, la côté se dessine, les habitations apparaissent. La fin du parcours semble proche. L’archipel est constituée d’une dizaine d’iles, sur l’une d’entre elle, il y a un cale à bateau où l’on peut débarquer. Cette cale sera pour moi la fin de ma traversée. Je m’assoie enfin après avoir parcouru près de 70 miles nautiques soit près de 130 km.

Je suis heureux d’avoir atteindre mon objectif. Le but principal de cette traversée était de donner mon soutien à Hervé et Stéphane ainsi que leurs accompagnateurs. De leur montrer que même sur l’eau symbole de la liberté, nous pensons à eux et nous espérons qu’ils seront prochainement libérés. Malgré la fatigue, je suis heureux d’avoir réaliser ce projet pour eux et d’avoir soutenu cette cause à ma manière.

Toute l’équipe a décidé de se se reposer pendant une petite heure avant de reprendre la mer pour rentrer sur brest. Départ prévue 22h.

3- Le retour

Départ des glénans vers 22h direction Brest, nous prenons la direction de la pointe penmarc’h, face au vent et face à la houle. Imaginez vous faire 100 miles nautiques face au vent et à la houle. Autant vous dire que le retour ne fut pas une partie de plaisir. Après avoir navigué près de 5 h en kite, nous devons remonté sur brest de nuit, sur un semi rigide. Face au vent, il fait près de 0 °C, nous sommes trempés et il est impossible de s’allonger sur le bateau car la houle est trop forte. Nous essayons de rester assis mais de même la houle est trop forte, nous rebondissons et nous commençons a avoir mal au dos. Il n’y a qu’une seule solution, rester debout et amortir le clapot pour rentrer. Les heures sont interminables, le temps passe lentement quand il n’est pas possible de repérer la côte. La fatigue se fait sentir pour tout le monde, nous avons qu’une seule envie c’est dormir. Après près de 5h de traversée, nous arrivons sur Brest à 3h30 du matin, nous sommes épuisés, gelés, mais ce fut un réelle plaisir de réaliser ce type de projet.

Je voulais remercie les entreprises qui m’on permis de réaliser ce projet. Sans elles, cela n’aurait pas été possible.

Iroise evasion .

Incidence sur Brest qui m’ont permis de coudre les portraits sur le spi.

L’île de l’impression qui m’ont sérigraphié le tissu.

Et le soutient de FRance 3 Iroise.

Un grand merci à toutes ces personnes qui m’ont permis de réaliser ce projet aussi rapidement. Sans eux cela n’aurait pas été possible.